Portraits de pros

Interview de Julie Desiage, réflexologue plantaire

Par 15 octobre 2019 Aucun commentaire

Cette semaine, nous avons rencontré pour vous Julie Desiage, réflexologue plantaire certifiée Fédération Française des Réflexologues et qui fête justement les 2 ans de l’ouverture de son cabinet en centre-ville de Saint-Étienne (20 rue de la Résistance). Elle nous explique son parcours, ce qu’est la réflexologie et comment elle la pratique. Bonne lecture !

Margot : Bonjour Julie et merci de me recevoir ! Pour commencer, peux-tu nous dire d’où tu viens ? Nous raconter le parcours qui t’a amenée à pratiquer la réflexologie ?

Julie : Bonjour ! Au niveau professionnel, je viens d’horizons très divers : j’ai une formation initiale en école de commerce que je n’ai pas terminée car cela ne me convenait pas. J’ai ensuite travaillé comme secrétaire assistante pendant 10 ans. J’ai voulu changer de rythme de vie, et je suis devenue hôtesse de l’air, j’ai travaillé pendant 11 ans pour Air France.

Ce n’est pas banal comme parcours !

Effectivement, c’est une autre façon de vivre. D’un côté c’est très fatiguant : on est constamment en décalage horaire, on fait au minimum 4 nuits blanches par mois… Mais d’un autre côté, c’est un travail dans lequel on a beaucoup de temps libre et peu de charge mentale : on n’a pas de contraintes avant ou après un vol, pas de travail à ramener chez soi !

Je me suis rendue compte que je pratiquais déjà sur moi-même avant même de connaître vraiment la méthode, c’était instinctif.

C’est d’ailleurs lors d’une escale que j’ai découvert la réflexologie : lors d’un séjour à Singapour j’ai pu découvrir ce soin, pratiqué par des aveugles. Je me suis rendue compte que je pratiquais déjà sur moi-même avant même de connaître vraiment la méthode, c’était instinctif. La réflexologie s’est comme imposée à moi !

Et comment s’est faite la transition vers la pratique professionnelle ?

Comme je le disais, en étant hôtesse de l’air, j’étais constamment en décalage biologique : comme le corps privilégie les fonctions vitales, j’étais à l’ouest, une mémoire de poisson rouge ! J’oubliais le soir ce que l’on m’avait dit le matin… J’avais fait le tour : j’avais besoin de plus d’ancrage, et d’aller plus loin dans la réflexologie. J’ai profité d’un plan de départ volontaire en juin 2014, et en juillet j’ai commencé une formation pour 1 an dans une école certifiée (E.T.R.E. ! – École des Techniques en Réflexologies !, à Lyon). Un an plus tard, formée à la réflexologie, je suis partie en voyage d’un an en Nouvelle-Zélande avec ma famille. Cela m’a permis de prendre le temps de maturer mon projet, de construire mon site, mon logo…

Une fois rentrée, j’ai tout de suite cherché un local. Je ne voulais pas pratiquer de chez moi, afin de bien dissocier les sphères professionnelle et personnelle, et de ne pas avoir de diversions lors de mes séances. J’ai donc trouvé et acheté ce local au 20 rue de la Résistance. Après 1 an de travaux que j’ai réalisés par moi-même, j’ai pu ouvrir mon cabinet en octobre 2017 !

C’est donc toi qui a réfléchi à l’aménagement du cabinet ?

Tout à fait, c’est très important d’avoir un lieu accueillant, dans lequel on ressent du bien-être et de l’apaisement. J’ai privilégié les matières saines et naturelles. J’ai choisi du bois de hêtre, car c’est apaisant. J’ai aussi fait beaucoup attention au sol : on n’y pense pas forcément, mais le faux lino crée de l’électricité statique ! J’ai donc posé un vrai lino, à base de lin, pour éviter cela.

Du coup peux-tu nous expliquer plus en détails en quoi consiste la réflexologie ?

Bien sûr ! La réflexologie a plus de 2000 ans : c’est une pratique ancestrale chez les chinois, et d’ailleurs chez d’autres civilisations où l’on a trouvé des traces : égyptiens, incas… Cela s’était ensuite perdu au profit de l’acupuncture, mais la pratique était restée en Thaïlande. Dans les pays occidentaux la réflexologie n’existait pas, jusqu’à ce qu’une américaine, Eunice Ingham, la remette au goût du jour dans les années 1920-30. Cela a donné naissance à la Méthode Ingham, à l’origine de la réflexologie plantaire moderne et enseignée depuis en Occident.
(Pour plus d’infos sur l’histoire de la réflexologie : site du centre de ressourcement Midi-Pyrénées / site de l’Institut supérieur de réflexologie / ouvrage de référence « Ce que les pieds peuvent raconter », publié par Eunice Ingham en 1938).

La réflexologie est une pratique ancestrale […]. Elle consiste à stimuler des zones réflexes du pied […] pour supprimer des zones de blocage afin de refaire circuler l’énergie dans le corps.

La réflexologie consiste à stimuler des zones réflexes du pied (on compte plus de 7500 terminaisons nerveuses sous le pied!), qui sont en lien avec les organes du corps humain. C’est donc une méthode globale, qui passe par le système neurovégétatif (ensemble des éléments nerveux qui assurent les fonctions vitales telles que la respiration, la circulation sanguine, la digestion, les excrétions, l’homéothermie… Appelé également système « autonome, viscéral ou involontaire ». Sources : Doctissimo / Encyclopédie Universalis). La réflexologie ne passe donc pas par le mental, ce qui fait que même les sceptiques peuvent être réceptifs. Au minimum, le.a patient.e va ressentir de la détente, car on vient supprimer des zones de blocage afin de refaire circuler l’énergie dans le corps. Le rôle du réflexologue est de donner un coup de pouce, envoyer de l’information au corps pour qu’il travaille ensuite et recherche un meilleur équilibre. En moyenne, il faut 3 semaines au corps pour faire ce travail suite à une séance. Toutefois si la douleur est forte on peut accélérer le processus.

La réflexologie s’adresse à tous les âges !

La réflexologie s’adresse à tous les âges : pour les adultes la séance dure environ 1h15 (1h30 pour la première séance), pour les enfants maximum 30 min. Chez un enfant, les pieds sont tout neufs, c’est donc plus rapide de débloquer les zones réflexes perturbées. A l’inverse une personne âgée a toute sa vie marquée sous les pieds. Cela nécessite donc de procéder par étapes : faire un premier déblocage, puis démêler petit à petit, comme une pelote de laine !

C’est donc un travail sur le physique, le système nerveux. Mais il y a bien un lien avec les émotions ?

Bien sûr, la réflexologie travaille les 4 corps pour les équilibrer : corps physique, émotionnel, de la vitalité, mental. Souvent les déséquilibres physiques proviennent de déséquilibres émotionnels. Les émotions sont censées circuler dans l’enveloppe extérieure au corps, et non pas être intériorisées. Les émotions sont des informations, le tout est d’en faire quelque chose !

C’est notamment l’importance de l’émotionnel qui m’a amenée à suivre deux formations complémentaires : une formation délivrée par le centre Mireille Meunier sur l’énergétique chinoise appliquée à la réflexologie et la prise en charge émotionnelle de la personne  ; et une formation aux Techniques avancées de réflexologie délivrée par Tony Porter (A.R.T., Advanced Reflexology Techniques) qui apprend des techniques manuelles pour aller plus en profondeur. Ces trois formations différentes me permettent de jongler et de m’adapter aux patient.es.

Merci pour toutes ces explications ! Tu es donc membre du réseau du LIEN depuis presque 2 ans, peux-tu nous en dire un peu plus sur les raisons qui t’ont faite adhérer à la monnaie locale ?

Je suis très attachée au local : j’ai eu l’occasion de voyager beaucoup, et le fait de voir les mêmes boutiques partout est révoltant. Avec ce type de phénomènes le monde s’appauvrit, les produits sont uniformisés. Je trouve qu’il y a beaucoup plus de sens à essayer de moins consommer et moins dans des chaînes.

Retrouver de la proximité, du lien social est beaucoup plus satisfaisant, et les produits sont meilleurs !

J’ai pris Enercoop pour avoir une énergie produite pas loin, je fais mes courses au marché de producteur.trices locaux. Retrouver de la proximité, du lien social est beaucoup plus satisfaisant, et les produits sont meilleurs ! Les fruits exotiques chez nous n’ont jamais autant de goût que là où ils sont produits, et avec la richesse des saisons on trouve déjà plein de bonnes choses chez nous. On retrouve du sens à être en harmonie avec son terroir, et quand on va ailleurs c’est enrichissant de découvrir d’autres terroirs. J’essaie aussi de faire un maximum de choses par moi-même : lorsque l’on fabrique de ses mains, il y a une certaine fierté.

Pour finir cette interview, y a-t-il une actualité que tu souhaiterais partager, un sujet que tu souhaiterais aborder avec nous ?

J’avoue avoir un peu décroché de l’actualité : on reçoit tellement de mauvaises nouvelles, cela me met dans un état négatif. Alors je coupe, même si je suis obligée de m’y remettre de temps en temps, je suis le moins possible les actualités. En fait, mes actualités ce sont les événements qui se passent dans mon quartier, chez mes amis, dans ma famille… L’actualité globale apporte de l’anxiété, de la peur, alors qu’être proche des gens apporte beaucoup plus. Le plus important pour moi est de me sentir bien, pour donner du positif aux gens autour. Si l’on prend par exemple l’enjeu climatique, on se sent impuissant.es par rapport à ce qu’il se passe à l’autre bout du monde. Ce sur quoi je peux agir, ça se passe chez moi. Je suis militante pour moi-même, dans mon quotidien. Je pense que l’on peut diffuser l’écologie par la pratique, les exemples parlent parfois plus que les discours !

Nous te remercions beaucoup pour cet échange, et te disons à très bientôt !

Plus d’infos :

Julie Desiage :

Cabinet au 20, rue de la Résistance, Saint-Étienne (tram ou parking Hôtel de ville).
Prise de RDV par téléphone : 06 82 88 70 75

Site internet : https://juliedesiage.wixsite.com/reflexo-st-etienne
Mail : julie.desiage@orange.fr

Tarifs :
Séance adulte : 50€
Séance enfant : 30€

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